La socialisation de l’industrie laitière par les militants anarchistes de la CNT-AIT pendant la révolution espagnole de Juillet 1936 est un exemple éclairant de ce que peut faire la classe ouvrière quand on lui laisse la liberté d’agir et de prendre l’initiative.

L’ensemble de la filière fut intégrée, depuis les fermes laitières jusqu’aux laiteries de distribution. À partir de septembre 1937, les différentes entreprises laitières de Barcelone seront fusionnées dans une industrie laitière unique socialisée sous contrôle de la CNT-AIT.

La socialisation de cette industrie par l’anarchosyndicat donnera lieu à une réorganisation des méthodes de production avec des améliorations d’hygiènes et une modernisation des méthodes de pasteurisation et stérilisation des produits.Des camions de collectes de lait réfrigérés furent importés des USA, parmi les premiers en Europe à cette époque. Les camions étaient siglés CNT d’un côté et “AIT” de l’autre, du nom de l’association internationale des travailleurs dont la CNT était la section en Espagne.

Parmi les innovations organisationnelles, il faut noter qu’au niveau de la sécurité sanitaire des aliments, la CNT-AIT avait adopté bien avant que cette notion ne soit élaborée une organisation de type “one health”, avec une fédération de la santé qui regroupait à la fois les services de santé humaine et les services vétérinaires (santé animale et hygiène alimentaire) ainsi que les services de protection de l’environnement.

L’industrie laitière socialisée barcelonaise collectait plus de 135.000 litres de lait par jours et en distribuait quotidiennement 80.000 litres en bouteilles pasteurisées, le reste étant transformé en yaourt, fromage, etc …

 “Vencido el fascismo, los trabajadares pudieron lanzarse a la socialización de un sector controlado hasta entonces por un gran número de pequeños propietarios y algunas empresas importantes entre las cuales hay que destacar la multinacional suiza Nestlé.

Al socializar la industria, la preocupación esencial de los obreros fue proporcionar al pueblo de Barcelona un producto íntegro en las mejores condiciones de higiene.

Antaño, los patronos sólo se preocupaban de sus beneficios. Para mejorar la situación, se crearon 7 fábricas de refrigeración y pasteurización ultramodernas, como la de Mallet, situadas en los lugares de producción, así como un sistema de envasado automático. Para el transporte de la leche, la colectividad compró 24 camiones cisterna isotérmicos, que en aquel entonces eran únicos en Europa. En una granja comprada por la colectividad, la Granja Germinal, se creó una unidad de producción lechera moderna.

Tadas estas mejaras y modernizaciones le costaron a la industria socializada más de 7 millones de pesetas, que sólo pudieron conseguirse merced al empeño y a la voluntad de los trabajadores. Además se acordó apoyar a las milicias así como a otras colectividades perjudicadas por la falta de materias primas.

En la leche socializada, las asambleas generales eran soberanas y ellas elegían a los compañeros encargadas de funciones administrativas. En una de esas asambleas se decidió crear un sueldo idéntico para todos. En otra se rechazó el decreto de calectivización de la Generalidad de Cataluña, considerando que se trataba de encuadrar y de controlar la colectivización en un molde estatal.

 Así puede decirse que la industria socializada, desde el lugar de producción, la granja, pasando por el envase y el transporte, hasta el lugar de consumo, la ciudad, siguió asegurando el abastecimiento de Barcelona hasta los últimos días de la guerra, a pesar de situarse totalmente al margen de la legalidad republicana.” (testimonio de José Capellas)

Avec la défaite du fascisme, les travailleurs ont pu entreprendre la socialisation d’un secteur auparavant contrôlé par de nombreux petits propriétaires et quelques grandes entreprises, notamment la multinationale suisse Nestlé. En socialisant la filière, la priorité des travailleurs était d’offrir aux Barcelonais un produit sain dans des conditions d’hygiène optimales. Auparavant, les employeurs ne se souciaient que de leurs profits. Pour améliorer la situation, sept usines de réfrigération et de pasteurisation ultramodernes, comme celle de Mallet, ont été construites sur les sites de production, ainsi qu’un système d’emballage automatisé. Pour le transport du lait, la coopérative a acquis 24 camions-citernes isothermes, uniques en Europe à l’époque. Une unité de production laitière moderne a été créée sur une ferme achetée par la coopérative, la Ferme Germinal. Ces améliorations et modernisations ont coûté à la filière socialisée plus de 7 millions de pesetas, une somme rendue possible grâce à l’engagement de la coopérative et à la volonté des travailleurs. Il fut également convenu de soutenir les milices ainsi que les autres collectifs touchés par la pénurie de matières premières. Dans l’industrie laitière socialisée, les assemblées générales étaient souveraines et élisaient les ouvriers chargés des fonctions administratives. Lors d’une de ces assemblées, il fut décidé d’instaurer un salaire identique pour tous. Lors d’une autre, le décret de collectivisation émis par la Generalitat de Catalogne fut rejeté, car il était perçu comme une tentative d’encadrer et de contrôler la collectivisation par l’État. Ainsi, on peut affirmer que l’industrie socialisée, de la ferme (lieu de production) à la ville (lieu de consommation), en passant par le conditionnement et le transport, continua d’assurer l’approvisionnement de Barcelone jusqu’aux derniers jours de la guerre, tout en opérant en totale illégalité. (Témoignage de José Capellas)

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