Plaques de véhicule réquisitionné


Hispano Suiza
Des voitures ambulances construites dans l’entreprise automobile collectivisée par la CNT-AIT Hispano-Suiza pendant la révolution espagnole.


Hispano-suiza était une marque de voitures de luxe. En plus des taxis et des ambulances, les ouvriers transformèrent les ateliers pour la production de véhicules blindés (sur les véhicules blindés cf. ici : https://espagne36.cnt-ait.info/index.php/2026/07/10/voiture-blindee/)


La Hispano-Suiza
Successeur éphémère de l’entreprise de La Cuadra, J. Castro, la Fábrica Hispano-Suïssa de Automóviles fut rachetée en 1904 par Damià Mateu et d’autres personnalités barcelonaises et transformée en Hispano-Suiza Fábrica de Automóviles, considérée comme la première usine automobile d’Espagne et qui acquit rapidement un grand prestige international. La combinaison des noms de l’entreprise s’explique par la présence de l’ingénieur Suisse Mark Birkigt, qui, depuis son implication dans l’entreprise de La Cuadra, devint une figure incontournable de l’automobile catalane.
La légendaire Hispano-Suiza, avec son usine de La Sagrera à Barcelone, produisait des voitures de luxe réputées pour leur vitesse, leur élégance et leur prestige. Le 20 janvier 1905, la première voiture blindée équipée d’un système Birkigt de 20 ch, dotée d’un moteur 4 cylindres de 100 x 120 cm³, fut livrée. Chronométrée officiellement, elle atteignit 87 km/h sur terrain plat et 50 km/h dans la montée de la Rabassada à Barcelone. Un an plus tard, la marque se vantait qu’un prédicateur protestant, Federico Dixon Jones, avait effectué un aller-retour entre Paris et la capitale à bord de l’une de ses voitures sans avoir besoin d’aucune réparation ; il n’avait même pas eu à régler une seule vis. En 1907, la marque lança sa première voiture 6 cylindres d’une puissance comprise entre 60 et 75 ch, testée sur le trajet Perpignan-Paris, qu’elle boucla en 22 heures. Cet exploit bénéficia d’une importante couverture médiatique à l’époque, tandis que la marque se lançait dans la construction de voitures de sport au plus fort du monde de la compétition automobile.
Hispano-Suiza fabriquait en effet le châssis de la voiture avec tous les composants, que le client choisissait sur catalogue, à l’exception de la carrosserie, commandée pratiquement sur mesure auprès de l’un des nombreux ateliers de carrosserie de Barcelone. Ces voitures étaient comparées aux Rolls-Royce, Cadillac, Panhard ou Mercedes-Benz. En 1928, le journal français L’Illustration notait : « Hispano-Suiza mérite d’être largement saluée. Son nom est synonyme de grand luxe […] Elle représente l’aristocratie.» La conception des campagnes publicitaires de la marque fut confiée au peintre Ramon Casas, qui intégra des voitures Hispano-Suiza dans certaines de ses toiles. Outre les voitures de luxe, Hispano-Suiza produisait des autobus qui marquèrent la modernisation des compagnies de transport entre les villes catalanes, mettant fin à l’ère des charretiers. La marque créa ainsi, entre autres, les sociétés Hispano Aranesa, Hispano Urgelense, Hispano Balagueriense et Hispano Igualadina, toujours existante.
Cependant, le système de travail quasi artisanal rendait l’entreprise très vulnérable aux conflits sociaux. Une grève en 1910, durant la Semaine tragique, entraîna l’annulation de ou de nombreuses commandes nationales et étrangères, et la perte de plus d’un tiers de la production. En conséquence, une nouvelle usine fut ouverte près de Paris, qui allait bientôt surpasser la production de la première usine de Barcelone – il convient de préciser que cette décision relevait également d’une stratégie commerciale visant à se positionner au cœur du monde automobile. En 1919, dans le contexte de la grève de La Canadenca, des tensions sociales paralysèrent à nouveau l’activité d’Hispano-Suiza. Avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale, la production se concentra sur l’industrie de guerre, notamment la construction de moteurs d’aviation ; en France, elle en vendit jusqu’à 50 000 unités. En 1936, du fait de la forte présence syndicale de la CNT-AIT dans l’entrepris,e la prestigieuse Hispano Suiza fut collectivisée et sa production orientée non plus vers des voitures de luxes maisvers des véhicules utilitaires ou des véhicules blindés. L’histoire d’Hispano-Suiza se poursuivit jusqu’en 1946, année où elle passa sous le contrôle de l’entreprise d’État Empresa Nacional de Autocamiones, S.A.
Véhicules utilitaires



Le garage Subirana était le premier garage à avoir ouvert à Barcelone,
